23. juil., 2016

 

 

Aïe ! Le coin de ma rue me semble toujours plus lointain. Ont-ils rajouté une montée que je n’avais jamais remarquée ? Mes articulations grincent à tout va. Le bus démarre top vite et les trains partent avant l’heure. Les marches d’escaliers sont beaucoup plus hautes que dans le temps, mon souffle est court et le parterre vraiment trop bas. Mes dents et mes cheveux se font la malle tandis que mon col du fémur attend la cassure. Alzheimer, c’est qui déjà ? Les nuits sont plus courtes, le somnifère est trop faible. Mon équilibre a commencé sa sape après seulement cinq verres de rouge. Les caractères des journaux sont encore plus petits, les gens parlent trop doucement et mes habits rétrécissent anormalement. J’ai dû refaire des trous à ma ceinture. La crème antirides n’est plus ce qu’elle était, l’armoire à médicaments est mieux équipée que ma cave et ses bouteilles. La faim s’estompe, je ne supporte même plus m’enfiler le repas complet de la St-Martin, je dois faire l’impasse sur le verre d’eau. Et en plus, ils servent la damassine dans des dés à coudre. Les jeunes ont changé, ils me semblent plus jeunes qu’avant et les gens de mon âge sont bien plus vieux que moi. Et je mélange tout. C’est ce que je disais ce matin à mes chaussettes en enfilant ma femme. Même le miroir était mieux avant, le mien reflète une drôle image de moi. Non, non, fait pas bon prendre de l’âge, mais la vieillesse est si longue qu’il ne faut pas la commencer trop tôt.

 

Par anticipation : Clodo