Tiens, v’là l’printemps…

 

A peine les effluves de carnaval gommées, les ultimes frimas déconnectés, voici qu’aux premiers rayons de soleil tout s’emballe. Au travers d’effets biochimiques, physiologiques ou psychiques pas toujours maîtrisés, le printemps s’impose avec sa kyrielle d’explosions de bonnes intentions surannées. Et sa fièvre est enivrante avec les premières perce-neiges, les crocus (ne pas oublier le r), ou les primevères qui redonnent le sourire aux acrimonieux de l’hiver.

Le printemps, c’est aussi les bourgeons qui éclosent comme l'acné sur le mouère d’un ado, les allergies éternuantes, la sève qui monte…C’est encore l’époque que les tizoziaux et bestioles de tous poils choisissent pour assurer leur descendance et reproduire l’espèce. L’homo printanus, lui, n’a pas besoin d’attendre cette période, même si certains poussent l’entraînement à l’extrême.

Le printemps, c’est aussi le retour des beaux jours, des terrasses qui se remplissent pour voir passer des décolletés qui s’approfondissent, des jupes qui raccourcissent, des nombrils qui se dégagent ou des shorts nécessitant de moins en moins de tissu. Mais c’est aussi le regain de mollets poilus des mecs et l’exhibition de l’endroit où a été stocké le trop plein de bière de l’hiver.

Le printemps, c’est encore le retour du chnabre des tondeuses à gazon qui traquent chaque frémissement de cramia, des forcenés de la bêche qui y laissent quelque jointure dorsale, de toutes ces mains vertes qui hantent les jardineries et qui traquent chaque mauvaise herbe qui pousse toujours mieux que le reste.

Mais le printemps, est surtout connu pour ses overdoses de poutz, les « à fond » qui ne peuvent se faire qu’à cette période, dirait-on. Tout doit être nickel, du sol au plafond, l’acarien chassé, les parterres récurés, les murs décrassés, les plafonds astiqués, les meubles époussetés, les rideaux lavés, les tapis tapés. On met ses plus vieilles fringues qu’on n’aurait même pas pu refiler à Emmaüs, on transpire, on peine, on en ch.., mais c’est propre, ça luit, et ce n’est qu’une fois par année.

Bonne montée de sève à toutes et tous.

 

Clodo