Emma et Jim

Il fait une chaleur moite ce soir-là dans ce bar branché du 13e. Tout au fond, bien en retrait de la salle et de la clientèle, dans une alcôve romantique dans les tons rose bombons, Jim sirote son cocktail avec délectation. Juste en face de lui, une femme magnifique lui faisait la conversation avec une envie évidente de lui plaire. Court vêtue, elle croise ses longues jambes fines, et l’espace d’un instant, furtivement, il remarque qu’elle ne porte pas de culotte. Il a juste le temps d’entrevoir sa foufoune, rasée. Le cœur de Jim se met à battre un peu plus vite lorsqu’elle ouvre un bouton de son chemisier, puis un autre, et laisse entrevoir une belle poitrine de petite taille, bien galbée, bien ferme, avec des petits tétons roses, tout menus, et du plus bel effet. Sûre du trouble qu’elle voit poindre chez son interlocuteur, elle se déplace pour se mettre tout près de lui, prend sa main et la pose sur son sein gauche, l’autre sur sa cuisse, et elle se penche vers sa bouche pour y chercher le baiser qui devrait le mettre à sa merci. On voyait à travers son jeans poindre un renflement qui commençait à grossir.

C’est alors qu’un grand bruit se fit entendre. Quelqu’un bousculait tout sur son passage, renversant tables, chaises et verres. Ça vociférait, criait, hurlait, laissant éclater une colère évidente et non contenue. « Ah, non ! Fous le camp, connasse, sale pute, c’est MON Jim, laisse le tranquille, Angelina. Ce n’est pas parce que tu nous somme amies que tu peux t’approprier mon mec. File d’ici, traînée, salope. Dégage » ! Devant une telle détermination, elle reboutonne son chemisier et s’éclipse avec un petit coup d’œil et un sourire embarrassé à Jim, de plus en plus mal à l’aise.

« Mais, mon Emma chérie, ne te fâche pas, c’est toi que j’attendais quand elle m’a allumé, je suis honteux et confus, désolé… », lui dit-il tout penaud et repentant.  Pas vraiment calmée mais contente de retrouver son mec, la belle Emma commande un triple porto qu’elle avale cul sec, ce qui la met dans un état de transe et lui redonna la pêche. « Viens ici, toi », lui dit-elle fermement. Elle lui saute fiévreusement dessus, lui roule une galoche à se décrocher les amygdales. Elle tire le rideau de séparation pour assurer leur intimité, puis fougueusement le jette sur le banc recouvert de velours rose, lui arrache sa ceinture, lui enlève son jeans. Elle n’eut pas grande peine à le faire bander comme un taureau, lui qui était déjà échaudé par Angelina. Encore sous le coup de l’émotion, elle se dévêt rapidement à son tour et chevauche vigoureusement son braquemart, avec une telle énergie, que tout son corps tremble, ses yeux se révulsent, tous ses sens en éveil prise de cette folle envie de baiser sauvagement. Elle met tant de fougue à cavaler sur cette trique tendue à mort que ses seins ballottent à tout va. Jim les empoigna fermement et commence à faire des mouvements du bassin, toujours plus rapides, ce qui eut pour effet de la faire glousser de bien-être, puis ces gémissements quasi hystériques entraînèrent des râles d’allégresse de son amoureux. Ils passèrent à la position assise, face à face, s’embrassant voluptueusement. Emma lui sourit, détendue, et d’un ultime coup de reins énergique, il sent venir l’éjaculation. Ils se laissent aller à une longue jouissance fébrile, leur corps frémissant de félicité dans un gémissement commun, comme une lente agonie. « Tu n’es rien qu’à moi, n’est-ce pas mon Jim » ?

Alors qu’il allait répondre que oui, la serveuse apparait derrière le rideau et découvrant ces deux corps nus, un peu gênée, elle leur demande : « Vous reprendrez quelque chose » ? En guise de réponse, d’une seule et même voix, ils répondirent : « Bien sûr, on va remettre le couvert » ! Et ils partent dans un grand éclat de rire en s’embrassant fougueusement, sans vraiment reprendre leurs esprits. C’était reparti…

Clodo